Samedi 13 février
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" Pourquoi sous prétexte de partager une intimité fusionnelle se permet-on de vouloir
continuellement ne faire qu'un ? "

Parce que c'est plus facile.
Plus facile de raisonner à deux que tout seul. Plus facile de se retourner vers l'autre pour conforter ses propres doutes. Plus facile
de déléguer des choix qui auraient dû nous être propres.
Parce que quand je pose ma tête sur l'épaule de l'homme que j'aime, plus rien ne peut m'arriver.
Parce que je peux alors me reposer en toute sécurité, et lui confier mon sommeil.
Mais je ne cherche rien d'autre qu'un instant de bien-être et de sérénité.
On est toujours tout seul face à soi-même, même main dans la main.
Alors qu'est-ce qui fait que nous nous mettons à réfléchir pour deux ? N'avons-nous pas assez confiance en l'autre pour nous permettre
de réfléhir voire d'agir à sa place ?
Je suis à l'aise dans mes strings et certainement ces messieurs le sont dans leurs boxers. Pourquoi les échanger contre une culotte
?
Et très souvent, elle est moche cette culotte, une culotte de grand-mère. Elle est usée et a une drôle d'odeur. Elle sent le
déjà-vu.
On a été élevé avec ces images de la société avec en tête d'affiche l'homme macho qui tient d'une main de fer sa femme et ses enfants,
ou à l'inverse la femme étouffante qui infantilise son mari et le materne. Ca faisait fureur dans les années cinquante, mais il faut se faire une raison, les culottes à fleurs et en coton, c'est
démodé !
Et pourtant, de mignons petits tangas résistent encore et toujours à l'envahisseur.
Car si l'on se rend bien compte que la vie n'est pas comme l'a décrit Coppola, mais plus à l'image d'un décor d'Almodovar, il
n'empêche que les relations amoureuses continuent de tourner autour d'un pouvoir inexistant qu'il faudrait à tout prix décrocher.
Quelle idée de s'atteler encore et toujours à vouloir sortir Excalibur de son rocher !
Et pour se battre contre qui d'ailleurs ?
Les relations de pouvoir avec les autres est quelque chose qui m'épuise et que je ne comprends pas.
Hier encore, un simple collègue de travail m'a soutenu que je lui mentais à propos du prix de mon pantalon. J'ai eu d'abord envie de
lui expliquer que je n'avais aucun intérêt à lui mentir d'une part et que d'autre part, je ne comprenais pas quel intérêt, lui, pouvait avoir à me contredire ; seulement, je n'ai pas eu envie de
me battre pour quelque chose qui n'en valait pas la peine.
Ah, alors voilà !
En couple, on se bat pour quelque chose qui en vaut la peine ! Et ce qui vaut la peine, c'est notre territoire.
A t-on un élan de culpabilité soudain ? Se reproche t-on de s'être trop facilement livré à l'autre dans la douceur amoureuse
?
Nous déposons nos armes au pied du lit, et sitôt l'orgasme envolé, remettons nos culottes.
Ah, Marilyn avait raison, la meilleure arme de la femme reste le parfum !